Résumé de thèse
Cette recherche doctorale croise les enjeux critiques de l’écologie, de l’urbanisme et de l’industrialisation par une recherche en design.
Menée dans le cadre d’une recherche-action, cette thèse vise à questionner les pratiques individuelles, les comportements et les manières d’habiter la ville métropolitaine et les territoires ruraux au regard des enjeux écologiques et du processus de métropolisation actuellement à l’œuvre à l‘échelle de l’ensemble des milieux de vie.
Pour ce faire, il est question d’articuler une pratique plastique par le biais d’un design critique et expérientiel questionnant la production matérielle, propre au design, à une recherche théorique démontrant les ravages de la métropolisation.
Plus précisément, cette thèse fait l’objet d’expériences désurbanisantes à l’échelle individuelle visant à projeter la possibilité tangible d’une émancipation idéologique partielle et/ou totale du corps métropolitain.
Tandis que la ville métropolitaine est à ce jour davantage identifiée comme un lieu d’émancipation et d’autonomie personnelle et individuelle, il conviendra de reconsidérer notre propre indépendance à l’égard des lieux de vie urbains et de l’ensemble des imaginaires et mécanismes que la métropole a produit en chacun d’entre nous.
Loin des logiques d’urbanisation outrancière et des dynamiques politiques néolibérales actuelles, il s’agira de témoigner de l’impossibilité même de quitter idéologiquement la métropole sans
la quitter physiquement et géographiquement par l’artificialisation des sols, les systèmes de production, l’inaccessibilité au local, les dépendances énergétiques, alimentaires, politiques qu’elle produit aux dépens des écosystèmes et du vivant.
À l’image des ressources terrestres à ce jour plus que limitées, il est question de mettre à l’épreuve le corps métropolitain et ses propres ressources pour faire l’expérience des limites physiques et naturelles dont il dispose.
Cette quête presqu’illusoire d’une autonomie en milieu urbain remet en perspective la notion de « besoins » essentiels et vitaux, de confort et de plaisir qui doivent à ce jour être reconsidérés pour espérer une amélioration des conditions de vie et d’existence sociales et écologiques. Dans l’objectif de réaffirmer des sensibilités par cette interpellation, cette recherche a pour ambition de décloisonner la discipline du design marquée par l’industrialisation et la société de consommation tout en interrogeant notre rapport à la matérialité, le rôle des métropoles et leur positionnement écologique à l’égard des milieux de vie, de la biodiversité et des espaces communs.
Direction de thèse
- Guillaume Faburel, directeur de thèse, géographe, Université Lyon 2
- Gwenaëlle Bertrand, co-directrice de thèse, laboratoire CIEREC EA Université Lyon Jean Monnet Saint-Étienne
Biographie
Informations complémentaires
https://shs.cairn.info/revue-ecorev-2024-1-page-95?lang=fr
https://www.revuesurmesure.fr/contributions/desobeir-et-revegetaliser