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Nadja Gaudillière-Jami

Membre actif

  • nadja.gaudilliere@gmail.com

Automatiser l’architecture ? Savoir-faire et calculabilité dans les pratiques des courants computationnels, 1965-2020.

Automating Architecture? Knowledge & Computability in the Computational Field, 1965-2020

  • Inscription en thèse en 2016
  • Section CNU 18 Architecture
  • Laboratoire(s) ENSA Paris-Malaquais, Laboratoire GSA / TU Darmstadt, Digital Design Unit

Résumé de thèse

Avec le tournant numérique apparaissent à partir des années 60 en architecture de nouvelles méthodes de conception, mais aussi une série de projets expérimentaux, avec pour point commun le recours à des algorithmes et à des outils de programmation – un ensemble de projets que l’on peut regrouper sous l’appellation courant computationnel. Or le recours à un processus de conception procédural, computationnel (informatisé) nécessite de mettre au point une série d’instructions exprimable en langage formalisé, un processus à première vue contradictoire avec les connaissances tacites sur lesquelles s’appuie la pratique architecturale.

Le projet de doctorat propose une analyse à trois niveaux de cette série de projets et du recours aux outils de programmation pour la conception spatiale au cours des 50 dernières années. Dans un premier temps, on cherche à caractériser le courant computationnel d’un point de vue technique : quels processus algorithmiques sont utilisés pour la conception architecturale et quels biais techniques ces processus entraînent-ils ? Dans un second temps, on s’intéresse à la dimension socio-historique de ce courant, en se penchant en particulier sur deux approches de la conception procédurale : l’une favorisant une rationalisation des pratiques architecturales et l’autre choisissant d’explorer le versant heuristique, artisanal, qu’implique la maîtrise des techniques de programmation. Enfin, on s’interroge sur une possible épistémologie de l’architecture computationnelle à partir des notions de savoir-faire et calculabilité.

With the digital revolution, new design methods appeared in architecture from the 1960s onwards, leading to a series of experimental projects, with the use of algorithms and programming tools as a common feature - a set of projects that can be grouped together under the common name of computational design. However, the use of a procedural, computational design process requires the development of a series of instructions that can be expressed in a formalised language, a process that at first sight contradicts the tacit knowledge on which architectural practice is based.

The doctoral project proposes a three-level analysis of this series of projects and the use of programming tools for spatial design over the last 50 years. First, it seeks to characterise the computational field from a technical point of view: which algorithmic processes are used for architectural design and what technical biases do these processes entail? Secondly, the research looks at the socio-historical dimension of this current, focusing in particular on two approaches to procedural design: one favouring a rationalisation of architectural practices and the other choosing to explore the heuristic, artisanal side of the process, which is involved in mastering programming techniques. Finally, we question a possible epistemology of computational architecture based on the notions of know-how and calculability.

Direction de thèse

  • Matteo Porrino, Laboratoire GSA
  • Mario Carpo, Bartlett School of Architecture

Biographie

Nadja Gaudillière-Jami est architecte D.E., co-fondatrice de l’entreprise XtreeE the large-scale 3D, vice-présidente de l’ONG thr34d5 et doctorante au laboratoire Géométrie, Structure, Architecture (GSA), sous la direction de MM. Matteo Porrino et Mario Carpo. Après avoir exercé plusieurs années comme cheffe de projet chez XtreeE et comme Maîtresse de Conférence Associée à l’ENSA Paris-Malaquais, elle est à présent enseignante-chercheure au laboratoire Digital Design Unit de la TU Darmstadt. Spécialiste des pratiques numériques en architecture, elle partage ses travaux entre deux axes de recherche principaux : d’une part l’industrialisation et impact environnemental des procédés de robotique architecturale et d’autre part l’histoire et l’épistémologie des courants computationnels en architecture.
Nadja Gaudillière-Jami holds a Master of Architecture from the ENSA Paris-Malaquais, is co-founder of XtreeE the large-scale 3D, vice-president of the NGO thr34d5 and a Ph.D. researcher at the GSA Laboratory. After working several years as a project manager at XtreeE and as a Graduate Research and Teaching Assistant at the ENSA Paris-Malaquais, she is now a researcher at the Digital Design Unit (TU Darmstadt). A specialist of the digital in architecture, she focuses on two main research axes : the industrialisation and environmental impact of architectural robotics and the history and epistemology of the computational field in architecture.